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Il était une fois, un être parfait. Cet individu se suffisait à lui-même et existait avant la société, avant le travail organisé par celle-ci, dans un temps où la nature n’était pas encore transformée par l’action. Comme l’androgyne d’Aristophane, il était à la fois un et plusieurs et ne manquait absolument de rien. L’idée même du désir n’avait aucun sens : Il était parfaitement heureux. Mais un jour, cet équilibre fut rompu : par un acte de transformation imprévu de ce qui était à l’extérieur de lui, l’être parfait engendra une rupture de l’ordre établi, ainsi que sa scission en plusieurs corps.
Chacun des individus, nés de la séparation de l’être originel, se retrouve alors condamné à rechercher la reconnaissance de l’autre pour chacune de ses actions, espérant par là retrouver quelque chose de l’unité première. Et les voilà en train de travailler, travailler, travailler au nom de ce désir venant de naître : désir fou, obsédant d’être reconnu pour son travail.

En basculant dans le « monde du travail », ils font l’épreuve du feu et doivent franchir bien des obstacles où désir et travail se cherchent, se ratent, tissent des liens qui menacent sans cesse de se défaire.
Ils font, lors de ce parcours initiatique, l’expérience de l’absence de projet, de la découverte de la vocation, du burn out, de la reconversion, de la placardisation… jusqu’à ce qu’un nouvel incident hasardeux les rapproche de nouveau.
Là, sous le regard de leur alter ego, ils peuvent espérer une véritable reconnaissance depuis les multiples métiers dont ils se font les auteurs, faire l’expérience de leurs singularités et exister dans l’altérité.

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